6 exemples de startups innovantes basées à Berlin

Les français du numérique, de l’e-commerce à la FrenchTech, citent Berlin à toutes les sauces. Des délégations entières de responsables politiques viennent en visite ici pour percer le mystère de cette hype locale, des responsables de pôles d’aménagement urbains franciliens jusqu’à Axelle Lemaire en passant par Fleur Pellerin (cf. notre article). La scène des startups berlinoises est-elle un miroir aux alouettes de copycats ou une mine d’or technologique ? Voici 6 exemples qui vous donneront une idée.

Le Startup Bootcamp de Berlin présente 6 projets

Fondé en 2010 à Copenhague, le réseau de l’accélérateur Startup Bootcamp s’est vite étendu pour devenir le premier en Europe et parmi les trois plus grands accélérateurs au monde. Présent à Copenhague, Berlin, Londres, Amsterdam, Madrid, Dublin, Tel Aviv et Istanbul, chacun de ses bureaux tend à se spécialiser dans un secteur précis afin de favoriser l’émergence de domaines d’expertise propres. Le Startup Bootcamp de Berlin s’est spécialisé dans la thématique « Smart transportation and energy », et c’est autour de ce thème que 6 startups ont présenté leurs projets ce mercredi 5 novembre 2014.

Sunride, un agrégateur de données SmartGrid

Marco Peise, co-fondateur de Sunride, propose un outil en ligne qui permet aux exploitants de petites unités locales de production d’électricité (connues sous le terme générique de Smart Grid, pour « réseau intelligent ») de déléguer leur gestion comptable. Le logiciel permet ainsi à l’exploitant de connaître de façon instantanée la quantité d’énergie produite par son installation de panneaux solaires par exemple, ainsi que la demande locale qui lui sera directement imputée. Ils recherchent 350k€ dans le cadre de leur expansion.

CoModule, le vélo électrique qui sait tout

Kristjan Maruste aime le vélo. Il a fondé CoModule avec l’idée de transposer l’ordinateur de bord de la voiture connectée au vélo électrique léger. Suivi en permanence grâce à sa console de bord (sur smartphone) qui fait aussi office de GPS, le deux-roues communique des informations sur son état au fabricant, ou encore sur les trajets empruntés. Avec un parc existant de 130 millions de vélos électriques dans le monde, il table sur un doublement du parc d’ici 5 ans – notamment avec l’essor du bike-sharing (type Vélib à Paris). L’entreprise compte se rémunérer notamment sur la revente de données des utilisateurs. Venu d’Estonie, Kristjan a préféré implanter CoModule à Berlin car l’Allemagne est un producteur de véhicules connectés et de deux-roues reconnu. Il recherche 300k€ pour son projet.

MyBus court après le bus pour vous

Partant du constat que 50% de la population mondiale vit dans les villes, Malte Meizing, CEO de MyBus, propose une application avec un lecteur embarqué dans les bus urbains et périurbains. Son but : lire en instantané la position du véhicule pour informer à la fois la centrale et l’utilisateur des horaires réels de passage et d’arrivée à destination (consultables depuis son smartphone). Son concept nécessite un investissement de 5 000 € par bus ainsi équipé. Déjà en place à Barcelone sur les lignes régulières, il cherche 250k€ pour son expansion.

Des consignes décentralisées et connectées : Rokka Solutions

Après 12 ans chez DHL (filiale de la Deutsche Post chargée des colis), Flavio Alario a quitté ses fonctions pour développer un logiciel indépendant de gestion des stations colis (ou Packstations) autonomes. Celles-ci peuvent être exploitées aussi bien par des opérateurs de livraison (FedEx, UPS, etc.) pour la dépose de colis que par des particuliers, pour laisser des clés à récupérer de manière sûre par exemple, comme une consigne. Le tout pourrait être relié au check-out des e-commerçants et des acheteurs en ligne qui pourraient suivre le colis à la trace.

Ampersand, des vélos électriques pour l’Afrique

Joshua Whale, fondateur d’Ampersand, vient de Nouvelle-Zélande et a une idée : fournir aux familles africaines qui vivent reculées des grandes villes comme Nairobi ou Kinshasa un moyen de locomotion pratique, adapté à l’état des routes locales et accessible aux classes moyennes. Entre ceux qui ne peuvent pas acquérir de deux-roues motorisés et ceux qui peuvent se payer une moto à essence, dont le carburant reste cher, subsiste un marché de 300 millions d’individus. Avec son vélo électrique à 700$ issu d’un croisement entre le vélo électrique chinois et la mobylette, il propose une solution alternative rechargeable dans les petites stations solaires installées dans les villages. Pour finaliser le premier prototype à Hambourg avant de commencer une production de phase beta en Chine, il recherche 150k€.

Einfach-machen-lassen, le service final pour le client en ligne

Quand Alexander Keck explique la raison d’être d’Einfach-machen-lassen, on comprend qu’il a tout intégré de la tendance Mobile-to-Store : il propose aux acheteurs en ligne de produits à panier moyen élevé le montage et l’installation complète, par exemple de leur home cinema, de leur ordinateur ou la fixation au mur de leur nouvel écran plasma. Déjà en contrat exclusif avec Sony, les opérateurs de son entreprise sont des entreprises bien établies et réparties sur le territoire allemand. Ils prennent en charge la livraison ET le montage de la marchandise, non plus livrés par la poste mais par le monteur qui guidera aussi le client final. Il ajoute le service à la facilité d’acheter en ligne, jusqu’alors apanage des détaillants locaux. Avec plus de 10 000 interventions pour Kabel Deutschland en l’espace de 2 mois et 98% de taux de satisfaction (les équipes et les prestations sont suivies de A à Z pour la qualité de leur service), il recherche 250k€ pour s’étendre aux pays germanophones limitrophes puis au Benelux et au Royaume-Uni.

Et vous, que pensez-vous de ces exemples ? Où en est la France sur l’innovation technologique dans ces domaines ? La question est ouverte ;) !

M.T.


Pour en savoir plus et suivre leur actualité :
http://www.startupbootcamp.org/accelerator/berlin.html
http://www.rainmakingloft.com/berlin/welcome