France-Allemagne : analyse des 20 premiers du web

Au royaume des startups, investisseurs et entrepreneurs pensent souvent que ce qui fonctionne dans un pays fonctionnera forcément dans l’autre. Certes, à première vue les habitudes de consommation semblent similaires entre la France et l’Allemagne. Cependant, des différences existent dans les comportements d’achat des internautes : pour preuve, voici l’analyse de leurs 20 champions respectifs France-Allemagne.

L’Allemagne et la France, respectivement à la deuxième et troisième place des marchés en ligne européens derrière le Royaume-Uni, sont deux marchés similaires en terme de taille : 41 millions d’acheteurs en ligne pour l’Allemagne (soit 51% de la population) contre 34 millions pour la France (soit 52% de la population). En revanche, qu’en est-il de leurs leaders du commerce en ligne ?

Si on regarde de plus près – et outre les différences de comportement déjà évoquées dans cet article – on observe des différences à la fois historiques et plutôt top-down (par le développement de certains secteurs principalement, grâce à l’influence d’un acteur particulier du marché par exemple) mais aussi liées aux mœurs (habitudes de consommation) et dictées par le consommateur, donc plutôt bottom-up.

Le classement ci-dessous reprend les chiffres publiés pour l’année 2014 en matière de CA (hors amazon, de toute façon en tête de ce classement) :

France vs Allemagne_les 20 premiers du web

Les 20 premiers du e-commerce en France vs. Allemagne et leur CA (Mio € – 2014)

 

Si on regarde plus en détail, voici la distribution décroissante des 20 premiers du web en matière de chiffre d’affaire (graphique ci-dessous). On remarque qu’en France, les CA des champions du e-commerce sont plus élevés que leurs équivalents allemands – ce jusqu’à la 6ème position – puis la tendance s’inverse (la moitié d’entre eux réalise moins de 150 Mio € de CA). En Allemagne, les CA des champions du web démarrent certes plus bas (2 000 Mio €) mais gardent une moyenne de CA élevée (la moitié des 20 premiers a un CA entre 170 et 300 Mio €).

 

France vs Allemagne repartition des 20 premiers du web

Distribution des 20 premiers du e-commerce en France et en Allemagne (données 2014)

 

Au niveau sectoriel enfin, la répartition (CA cumulé et %) est très différente entre les deux pays : en France, on remarque l’importance du tourisme (notamment avec les sites voyages-sncf, Air France et Accord Hotels) actifs également à l’étranger, alors qu’en Allemagne les VADistes (Otto, Baur, Bonprix et consorts) tiennent le haut du pavé et que ce top 20 du web fait la part belle à l’électronique grand public, avec des noms tels que Cyberport ou Conrad :

France secteurs des 20 premiers du web

Répartition sectorielle des champions du web (France, 2014)

 

Allemagne secteurs des 20 premiers du web

Répartition sectorielle des champions du web (Allemagne, 2014)

 

Que peut-on tirer de ces chiffres ?

En France, le consommateur utilise plus volontiers internet pour des achats dits « coup de cœur » (les voyages en tête, mais aussi les ventes éphémères comme les ventes privées) ainsi que pour sa voiture, aussi bien en matière de pièces détachées que pour des véhicules neufs (mandataire auto).

En Allemagne, les bourses se délient plus volontiers pour de l’achat en ligne de matériel hi-tech (Conrad, Notebooksbilliger, etc.) – et donc des paniers moyens élevés – et surtout pour l’achat classique sur catalogue, comme en témoigne la première place tenue de loin par les grandes maisons de la VAD – Otto en tête, la maison-mère des marques 3 Suisses et Quelle, entre autres.

M.T.

Sources :

http://de.statista.com/statistik/daten/studie/170530/umfrage/umsatz-der-groessten-online-shops-in-deutschland/

http://www.emarketerz.fr/classement-top-100-e-commerce-france-2015/