French Tech : ticket chic ou ticket choc ?

Face à la Tech City de Londres ou à la très en vogue capitale allemande, que fait Paris pour les start-up et le développement international ? On le dit peu, mais les entrepreneurs étrangers en France trouvent du charme à son écosystème. Comment se manifeste l’engagement du gouvernement pour les startups ? Quelles sont les aides disponibles à travers le French Tech Ticket ?

French Tech Ticket : petites définitions entre amis

La French Tech désigne l’écosystème des start-up françaises dans son intégralité, c’est à dire à la fois start-up et entrepreneurs mais aussi investisseurs, développeurs, ingénieurs. La French Tech est organisée en « Métropoles French Tech », territoires labellisés qui constituent chacun un cluster, réseau de jeunes pousses et un écosystème dynamique.

C’est ainsi qu’en 2015, 13 villes ont été labellisées « Métropoles French Tech » (Lyon, Marseille, Nantes, Brest, etc. – liste complète ici) et 4 écosystèmes régionaux ont également été labellisé « Réseaux thématiques French Tech » comme l’Alsace et son projet MedTech sur les technologiques médicales.

À première vue, si la French Tech représente un effort conséquent de communication du gouvernement français pour améliorer son image à l’international, le French Tech Ticket, programme d’aide, se présente quant à lui comme une réelle opportunité pour les jeunes créateurs de start-up.

Développement international : la carotte

Au début du mois de mars 2016, la French Tech a récompensé 50 projets à l’aide du dispositif appelé French Tech Ticket. Ce programme, inspiré par des dispositifs identiques présents au Chili (StartupChile) ou au Royaume-Uni (Sirius) par exemple, cherche à promouvoir la France comme terre d’accueil et de développement pour les talents internationaux.

Mais en quoi consiste donc ce fameux ticket ?

  • une bourse de 25 000€ par membre fondateur (dans la limite de 3, sans distinction de nationalité) ;
  • la possibilité de profiter gratuitement de la logistique offerte par un incubateur parisien partenaire pour une durée de 6 mois (bureaux, matériel, écosystème, etc.) ;
  • ainsi qu’un accompagnement administratif et juridique.

Le French Tech Ticket est plus qu’un outil de communication qui promeut la France comme puissance technologique. Il pallie l’une des faiblesses identifiées dans le pays : le manque d’ouverture et de mixité internationale de ses start-up, un atout qui semble avoir réussi aux américains.

Le secret de la Licorne : une course aux cerveaux mondialisée

Dans une économie mondialisée, la course aux cerveaux s’est progressivement installée entre les pays, incitant chacun à créer son propre écosystème tout en puisant ses talents à l’international. Mais cette course est-elle vraiment pertinente face à l’hégémonie américaine et aux mammouths de la Silicon Valley ? Contre toute attente, il semble que la réponse soit affirmative. Même si San José et ses géants du web (Google, Facebook, Twitter, etc.) se positionnent en tant que précurseurs et leaders de la technologie et de l’innovation, les chiffres démontrent que les initiatives telles que French Tech ou Start Up Chile, créées pour accueillir des étrangers et accompagner les start-up dans leur premier stade de développement, favorisent l’émergence des « licornes », ces sociétés qui atteignent une valorisation de plus de 1 milliard de dollars alors qu’elles sont encore non cotées.

Quid de la France ? Les 50 French Tech Tickets de cette première vague ont récompensé les fondateurs de 23 projets différents. Budget de l’opération : estimé à 1,6 million d’euros, financé par BPI France. Au vu de ce succès, le Ticket est reconduit l’année prochaine, avec cette fois une plus grande ampleur puisque 200  créateurs de start-up seront récompensés dans les 13 métropoles labellisées French Tech.

Et qu’en pensent les étrangers ? Eh bien sur plus de 1 300 projets présentés en provenance de 90 pays, 86% viennent de créateurs hors Union Européenne (dont 15% d’Amérique du Nord), 14% seulement proviennent de l’UE : objectif atteint. Ainsi, La French Tech a établi le Top 5 des pays d’origine des candidats, dans lequel on retrouve 3 des 6 BRICS, grandes puissances émergentes actuelles :

Inde > USA > Russie > Brésil > Égypte

Dans le même esprit que le French Tech Ticket, un autre programme nommé « Reviens Léon » a pour ambition de rapatrier les entrepreneurs de toutes nations qui ont préféré partir à l’étranger. 4 000 candidatures auraient déjà été déposées, dont la moitié proviendrait d’étrangers qui souhaitent revenir dans l’Hexagone.

Espérons que ces initiatives permettront à la France de se hisser à un rang de premier plan dans ce secteur en Europe, face à l’Allemagne ou au Royaume-Uni.

M.C. – M.T.


Sources :

– Article paru dans Les Echos – édition du mercredi 02 mars 2016
– Les 23 lauréats du French Tech Ticket