Communication politique : un exemple à ne pas suivre ?

En Allemagne existent aussi des partis politiques de second plan, parmi lesquels on retrouve le Parti Pirate (Piratenpartei) – homologue allemand du parti pirate suédois, que l’on trouve aussi en France. Sa fraction berlinoise, qui avait remporté quelques sièges aux avants-dernières élections en 2011, mérite au moins le détour pour ses affiches de campagne : un florilège.

Une campagne politique basée sur l’image

Question communication politique, les pirates n’y vont pas de main morte et rebattent les cartes de la communication classique en mettant en avant leur singularité. Lors des élections au parlement de Berlin de 2016, ils se sont donné une image libérale et tolérante axée sur l’acceptation des différences (ou des individualités ?) parfois exacerbées, laissant volontairement de côté les codes classiques d’une campagne politique.

Par exemple, aucun de leurs candidats n’apparaît en costume : ils préfèrent les t-shirts, les coupes iroquois, voire un look qu’on jurerait inspiré d’une version moderne du Rocky Horror Picture Show – s’ils ne mettent pas carrément en scène des animaux ou des memes internet.

Les affiches de campagne les plus délirantes

Au gré de mes déplacements dans Berlin, j’ai pu photographier quelques-uns des spécimens de cette campagne politique pour les pirates et j’en ai retrouvé d’autres en ligne. Voici un petit florilège :

#1 – Ceux qui aiment les plantes

Détournant un slogan d'Ikea, ce candidat demande si les électeurs fument des cigarettes qui font rire.

Détournant un slogan d’Ikea, ce candidat demande si les électeurs fument des cigarettes qui font rire.

 

Cette candidate nous l’assure : « Aucune plante n’est illégale ».

 

#2 – Ceux qui viennent du peuple

« L’âge ne met pas à l’abri de la pauvreté. », ou quand les pirates recyclent vieilles scies et lieux communs.

 

#3 – Ceux qui font parler les animaux

Grumpy Cat ou la force du meme internet

 

Difficile de faire plus laid que cette affiche qui n'a rien de flatteur pour le parti.

Difficile de faire plus laid que cette affiche qui n’a rien de flatteur pour le parti.

 

#4 – Ceux qui regardent trop de séries

Better Caul Saul remixé… et pourtant personne ne l’a appelé.

 

#5 – Ceux qui font peur aux enfants

"C'est pas une dégaine pour aller taffer ! " – surtout pas en maternelle !

« C’est pas une dégaine pour aller bosser !  » – surtout pas en maternelle !

 

Berlin doit rester la ville de la diversité – surtout dans ses excès capillaires.

« Berlin doit rester la ville de la diversité »… et des excès capillaires.

 

Une communication politique pour quels résultats ?

En 2011, en se basant sur une communication politique un peu plus impersonnelle (sans photos des candidats), à base de slogans du type « lieu commun libertaire » (sous-entendu « qui plaisent au plus grand nombre ») et bénéficiant de l’effet de nouveauté, ils avaient raflé 8,9% des voix et obtenu ainsi 15 représentants au parlement de Berlin.

Cinq ans plus tard, cette campagne conjuguée à leur action locale assez minime les a ramenés à moins de 2% des voix – avec, au bout du compte, plus aucun représentant au parlement local.

À bientôt,

M.T.